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Ce sont de drôle de gens
Qui parlent en silence
Et se tiennent entre eux.
Leurs sons nous impressionnent.
Ils ont des mains qui pensent
Et des grandeurs aux yeux.
On dirait, quand ils passent,
Des maîtres de ballet
Qui se mirent ensemble.
Et leurs pas nous résonnent.
Ce sont les feux follets
Qui glissent sur l'espace
De nos villes atones.
Ils vivent sur nos marges,
Tumultueux et calmes,
À peine soupçonnés.
Et ils ont le cœur large.
Au fond des ateliers,
Ils nous tressent des palmes
Pour mieux nous célébrer.
Si vous les rencontrez,
Fantômes comme en rangs,
Au soir à la veillée,
De grâce, souriez-leur.
Ce sont nos frères de sang
Un peu comme oubliés.
LES SOURDS
(Claude BELLAVANCE)
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