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Poème |
Le silence sera peut-être un jour la plus belle conquête de l'homme.
Aujourd'hui, notre monde tapageur n'aime pas le silence.
Derrière l'universel bavardage se cache souvent un désarroi sans
nom.
Mais chez le sourd, le désarroi déjà connaît son nom.
Car la consigne du silence est, celui-là, pour ainsi dire de rigueur.
Mais pour les autres, pour ceux-là qu'on reconnaît comme des "
Sourds profonds ", la surdité n'est pas un livre temporairement
fermé par les temps, c'est un abîme sans fond, étranger à jamais
à tout langage, à toute histoire partagée. Dans cet abîme de pauvreté,
s'abîme la parole qui est désarroi et limite de nous-mêmes.
Terrible et divin silence qui, lui aussi, n'a peut-être pas de
nom.
S'occuper de ceux-là, c'est d'abord renoncer aux privilèges de
la parole usuelle, parfois même aux signes les plus élémentaires.
Ici, seul le silence peut atteindre le silence, cette assomption
mystérieuse du cœur, parole ineffable au-delà de tous les sens,
qui prend sa source dans cette âme de pauvreté.
La poésie qui s'abreuve à cette source s'exprime par le cœur,
elle est cette " "sœur de la charité " dont parla Rimbaud qui,
lui-même, parvenu à l'horizon de tous les discours, dresse en
elle l'amour, cette parole du plus haut silence !
LE SILENCE
(Gilles BELLAVANCE)
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Ce livre, écrit dans la simplicité et l'amour, propose à tous
ceux qui sont en contact avec le monde de la surdité des pistes
pratiques, des chemins d'espérance, des lieux de confiance. |
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