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Centre de Communication Adaptée
Amour, défi et espoir... notre témoignage

par : Suzanne Gravel
Yvon Milliard



C'est à l'école des Beaux-Arts de Québec que nous nous sommes rencontrés et avons reçu notre formation. Dans nos rêves les plus ambitieux, nous voulions consacrer notre vie à l'art et également fonder une petite famille. Mais, voilà que tout a basculé lorsque le premier de nos trois enfants est arrivé. Bien sûr, il était beau et destiné à un avenir prometteur. Malheureusement, après quelques mois de vie parentale, nous avons commencé à nous interroger sur les comportements pour le moins étrange de notre nouveau-né. Un terrible cauchemar venait de débuter.

C'est à la suite d'un examen médical complet effectué à l'hôpital Sainte-Justine de Montréal, que nous avons appris que notre fils de deux ans était atteint d'autisme. Le médecin qui a posé le diagnostic nous recommanda de nous diriger vers le seul centre de psychiatrie pour enfants de notre région soit l'Hôtel-Dieu du Sacré-Cœur. Alain a fréquenté le centre de jour de cet hôpital à raison de quelques heures par semaine, pendant trois ans. Le psychiatre traitant abandonna les interventions, prétextant l'absence de langage et la présence de mauvais comportements. Il nous recommanda fortement de le placer dans une résidence de l'État. Il nous paraissait inconcevable d'interner notre fils dans une institution pour sa vie durant.


La première main tendue, un geste d'amour…

Nous n'avions plus d'aide. Nous avons donc entrepris de nombreuses recherches et présenté plusieurs demandes aux ambassades étrangères en vue de l'inscrire dans une clinique spécialisée en autisme. À notre grande surprise, une personne de l'ambassade d'Angleterre nous répondit et nous suggéra d'entrer en contact avec une famille de la région d'Ottawa qui avait un enfant autiste. Ce qui fût fait dans les jours suivants. Cette famille nous informa des recherches d'un spécialiste en autisme, attaché à l'hôpital Douglas de Verdun.

Ce médecin accepta de nous rencontrer et de faire une évaluation de notre fils. Un programme adapté, enregistré sur cassettes, fut préparé par les professionnels de sa clinique. Alain devait réaliser, sous notre supervision, les exercices d'apprentissage et de modification du comportement. Une des méthodes, employée aux États-Unis, consistait à utiliser le langage gestuel des personnes sourdes, pour intervenir auprès des enfants qui souffraient d'autisme. Pendant deux ans, des membres de son équipe sont venus à quelques reprises à la maison pour évaluer les progrès accomplis. Ces interventions soutenues et structurées contribuèrent grandement au sortir de son isolement et à l'amorce d'un début de communication.


Des gestes " parlants " qui ouvrent à l'espoir

Dans le courant de l'année 1976, d'autres démarches furent entreprises. La Société québécoise pour enfants autistiques voit le jour à Montréal. Un an plus tard, le chapitre de Québec de cette association était fondé avec l'aide de quelques parents de notre région. Pendant treize ans, nous avons assumé la direction et également présidé ses orientations. En 1979, le ministère de l'Éducation accepta d'ouvrir une école spécialisée pour cette clientèle à Sainte-Foy. Ce projet pilote, formé d'une équipe multidisciplinaire, permis à Alain et à quelques autres enfants de bénéficier d'une nouvelle approche éducative en autisme. Alain était maintenant âgé de dix ans.

C'est au même moment que nous avons appris que notre fils était atteint de surdité profonde. Ce diagnostic pouvait expliquer certains comportements inacceptables mais cela ne constituait en rien un remède. Après qu'Alain ait fréquenté la première école dédiée aux enfants autistes dans notre région et au Québec; nous avons décidé de l'intégrer à l'école Joseph-Paquin, spécialisée pour les enfants souffrant de surdité, située à Charlesbourg. Ces années furent difficiles pour lui et ses enseignants, parce que ses deux handicaps nécessitaient une approche et des interventions particulières. Il fréquenta cette école jusqu'à l'âge de 21 ans

Des progrès remarquables grâce à Signes d'Espoir

Au terme de sa scolarisation et après de nombreuses recherches pour trouver une ressource adaptée à ses besoins d'adulte, nous avons inscrit notre fils dans l'unique centre communautaire pour personnes sourdes avec de multiples handicaps de notre région, Centre Signes d'Espoir. Depuis plus de quinze ans déjà, Alain fréquente ce centre et ses progrès ont été remarquables. Il prend plaisir à participer aux activités, développe une meilleure communication et commence à établir des relations avec ses pairs, sa famille et sa communauté. Sa vie et celle de son entourage se sont grandement améliorées.

Alain est maintenant âgé de 36 ans. Il vit dans son milieu familial depuis toujours. Il nous a fallu beaucoup de courage, d'esprit créatif, d'amour et d'énergie pour relever le défi quotidien de ses deux handicaps. Les années passent et nous constatons l'urgence de trouver pour notre fils une résidence ou les intervenants seront capables d'être attentifs, aimants et stimulants, afin de l'aider à surmonter ses problèmes de communication et de comportement. Dans la grande région de Québec, Signes d'Espoir offre un service d'hébergement adapté aux besoins des personnes sourdes avec handicaps associés. Les deux résidences soient l'Auberge des sourds et Habitat-Sourds, affichent complet. Cette situation est devenue inacceptable pour les parents qui s'occupent d'un membre handicapé lourd à l'intérieur de la famille.


Objectif : l'intégration de la personne sourde multihandicapée

Le grand défi des prochaines années pour la Fondation Signes d'Espoir et l'oeuvre qu'elle soutient sera de faire reconnaître auprès des instances gouvernementales l'existence de la communauté sourde avec sa culture et son mode de communication qui lui est propre. L'intégration de la personne sourde multihandicapées dans la société doit se faire en tenant compte des besoins spécifiques de cette clientèle à savoir un milieu de vie adapté qui favorise son développement intégral.

 
 
 
 
 
 
 

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Des gestes pour le dire

Ce livre, écrit dans la simplicité et l'amour, propose à tous ceux qui sont en contact avec le monde de la surdité des pistes pratiques, des chemins d'espérance, des lieux de confiance.

Des gestes pour le dire